Le blog des Cuistots Migrateurs

Portrait d’un réfugié : le parcours de Babacar, venu du Sénégal

Rédigé par Les Cuistots Migrateurs | Jan 26, 2026 3:18:36 PM

Alors que discours sur l’immigration amalgame en permanence la réalité et la perception, le témoignage de Babacar, 40 ans, réfugié et Cuistots Migrateurs dans notre brigade, permet d’apporter un éclairage factuel sur « les vagues migratoires ». Nous donnons la parole à la réalité de ceux qui vivent l’immigration.

 

Pourquoi les immigrés ou les réfugiés choisissent-ils la France ?

« Je suis arrivé en France une première fois en 2012. puis je suis revenu en 2017 avec l’intention de construire une nouvelle vie », commence Babacar. Au Sénégal, il tenait une boutique : « Je vendais des brochettes, des sandwichs et des pastels. ». Exilé pour raisons politiques, il a encore en tête la manière dont il a vécu ici en arrivant : « J’étais dans un centre CADA (Centre d’Accueil pour Demandeur d’Asile) pendant un an. Sans rien pouvoir faire. Ce n’était pas une vie. »

 

Comment se déroule la vie des réfugiés arrivés en France ?

« En France, le plus gros défi est d’obtenir des papiers qui te permettent de travailler, confie Babacar. Ensuite, le deuxième plus gros défi est de trouver du travail… ». Car, même avec des papiers, un réfugié est souvent cantonné aux petits boulots précaires. Babacar a rejoint les Cuistots Migrateurs grâce à son assistante sociale : « Elle avait vu une annonce sur Internet. Elle m’a expliqué le projet. Comme ça m’a plu, j’ai postulé ! ». Depuis, tout a changé. La brigade multiculturelle lui permet de vivre différemment sa condition de réfugié. Il explique : « On est au moins 9 ou 10 nationalités différentes en cuisine. On apprend à se connaître, à découvrir d’autres langues, d’autres cultures. On s'entraide. C’est un mélange qu’on ne peut pas expliquer, il faut juste le vivre. »

Un travail stable, qu’est-ce que ça change ?

« J’ai pu avoir un logement plus grand, commence par dire Babacar. Mais j’ai aussi eu le temps de me concentrer sur d’autres choses, comme organiser mon travail, utiliser un calendrier et envoyer des mails. Avant, tout cela n’existait pas pour moi. » L’air de rien, la stabilité permet de se construire au-delà de l’exercice d’un métier. Elle permet de s’intégrer durablement dans la société. Au point de pouvoir obtenir un crédit bancaire, pour le cas de Babacar.

La fierté d’un réfugié, aujourd’hui ?

« Faire plaisir aux gens et les amener à découvrir des plats qu’ils vont adorer. On reçoit beaucoup de retours positifs des clients et ça, ça me donne envie de progresser. »

Le plat des Cuistots Migrateurs qu’il faut goûter absolument ?

« Le Murghi Malaï, c’est une spécialité venue du Bangladesh », s’exclame-t-il sans hésiter. Ce plat est un mijoté de poulet au lait de coco avec des raisins et des amandes que porte Rojot (Second de cuisine aux Cuistots Migrateurs). Il ajoute : « De manière générale, j’adore tous les plats qui nécessitent de cuire en mijotant lentement. L’odeur qui s’en dégage me donne toujours envie de manger ! »

 

Les Cuistots Migrateurs, en deux mots?

« Une famille multiculturelle, une opportunité de partager, un environnement stable et chaleureux. »