Le blog des Cuistots Migrateurs

Portrait de Vivek, chef cuisinier réfugié

Rédigé par Les Cuistots Migrateurs | Jan 26, 2026 3:18:17 PM

Aux Cuistots Migrateurs, notre brigade de chefs réfugiés est là pour rappeler que derrière des termes comme « vague migratoire », il y a des vies singulières et des parcours hors du commun. Vivek, 45 ans, est une de ces personnes qui a vécu la réalité de l’immigration. Il nous raconte.

Pourquoi immigrer en France ?

« En réalité, je me suis d’abord installé en Inde, à Tamil Nadu, » explique Vivek. Pour fuir les persécutions qu'il subit de par ses origines Tamouls et pour ses opinions politiques, il s’installe là-bas avec sa famille en 1994.

Ce diplômé en ingénierie électrique arrive dans l'Union Européenne près de dix ans plus tard, au terme d’une pérégrination mondiale : « Avant la France, il y a eu Singapour, l’Australie, la Corée du Sud et l’Italie. J’ai beaucoup voyagé pour travailler et envoyer de l’argent à ma famille. » 

Comment se déroule la vie des réfugiés en France ?

« J’ai passé presque un an sans trouver un emploi, commence par expliquer Vivek. Puis, un ami m’a pris en cuisine et m’a montré les gestes - au début sans salaire, juste pour apprendre ».

L’apprentissage du métier doit se faire sur le tas, souvent sans contrat. La demande d'asile est faite mais, parfois, faute d'endroit où loger, il est obligé de dormir dans la cuisine. Il raconte : « Je n'avais aucun moyen de trouver un logement alors le patron m'a dépanné. Quand je pouvais, j’aidais aussi les autres en apportant des plats et des couvertures aux autres personnes vivant dans la rue, comme moi. » Parfois, il ne mange pas.  

En quoi un travail est-il essentiel pour s’intégrer ?

Lorsqu'il obtient son statut de réfugié, en 2016, Vivek rejoint une chaîne de restaurant. « Le travail m’a aidé à sortir de l’isolement, nous dit-il. J’ai pu rencontrer des personnes venant du Sénégal ou du Bangladesh. Nous avons partagé notre expérience de l’immigration. »

Parallèlement, à chaque service, il en apprend un peu plus sur l’organisation, les stocks, le rythme de travail. Vive : « Cela m’a permis de gagner ma place, d’être utile et d’entendre parler des Cuistots Migrateurs. »

Qu’est-ce qu’un contrat aux Cuistots Migrateurs a changé dans ta vie ?

« Avoir un contrat en CDI m’a permis de m’installer définitivement, raconte Vivek. Ici, on me fait confiance, ce qui me permet d'avancer et de transmettre à mon tour. »

 

 

 

Chez nous, Vivek développe un savoir-faire unique autour de la cuisine tamoule et sri-lankaise (et le fameux Kothu Parotta, ce mélange de lanières de pain et de viandes), qu’il connaît grâce à son histoire familiale et à ses expériences de vie. De par son périple personnel, il maîtrise aussi des plats indiens, comme le biryani (un mélange épicé de riz et d’oeufs) ou le sambar (une sauce).

 

 

Les pièces Sambar de Vivek

Le plat que tu es fier de maîtriser aujourd’hui ?

« Les crêpes », avance-t-il. Comme quoi l’intégration porte ses fruits….

Les Cuistots Migrateurs en deux mots ?

« Échanges et entraide ».